Plongée sous-marine

Quels sont les risques de la plongée sous-marine et comment les prévenir ?

Les risques de la plongée sous-marine viennent surtout des variations de pression, d’une remontée inadaptée, du froid, de l’effort ou d’un incident de matériel. La plupart se réduisent par une préparation rigoureuse et des gestes appris en formation. Voici les repères pour prévenir les accidents et les conduites à tenir, sans remplacer l’encadrement ni un avis médical.

Mis à jour le 22 octobre 2026Lecture : 8 min
Un plongeur en faible profondeur fait une pause pour équilibrer ses oreilles, accompagné de son binôme et équipé d’un ordinateur de plongée.

À retenir

  • Équilibrez les oreilles dès la descente et interrompez-la si une gêne persiste : ne forcez jamais une manœuvre.
  • À la remontée, respirez continuellement ; une remontée en apnée peut provoquer une surpression pulmonaire grave.
  • Suivez le profil et les paliers de votre ordinateur, et respectez les intervalles avant de reprendre l’avion.
  • En cas d’essoufflement, de froid marqué ou de panne, alertez votre binôme et appliquez uniquement les procédures apprises en formation.
  • Tout symptôme inhabituel après une plongée peut nécessiter une prise en charge urgente : appelez le 15 ou le 112.

Quels risques la pression fait-elle courir en plongée sous-marine ?

La pression peut léser les oreilles, les sinus, les dents, les poumons ou les yeux si l’air contenu dans les cavités du corps ne s’équilibre pas avec l’eau. Elle augmente d’environ 1 bar tous les 10 mètres : à 10 mètres, la pression absolue est proche de 2 bars ; à 20 mètres, de 3 bars. Les variations sont donc particulièrement marquées près de la surface.

Comment éviter un barotraumatisme à la descente ?

Un barotraumatisme survient lorsqu’une différence de pression empêche l’équilibrage des espaces aériens. L’oreille moyenne est souvent concernée ; une douleur ou une sensation de blocage est un signal d’arrêt, pas quelque chose à traverser.

Pour prévenir le problème :

  • commencez à équilibrer les oreilles dès les premiers mètres, avant toute douleur, puis répétez le geste régulièrement ;
  • descendez lentement, tête en haut si cela facilite l’équilibrage, et signalez immédiatement toute difficulté ;
  • si une oreille ne passe pas, interrompez la descente, remontez légèrement jusqu’à disparition de la gêne et réessayez doucement ; si elle persiste, renoncez à la plongée ;
  • ne forcez pas une manœuvre d’équilibrage et ne plongez pas avec un rhume, le nez bouché ou une congestion importante.

Une manœuvre forcée peut blesser l’oreille. Les médicaments décongestionnants ne sont pas une solution universelle : leur effet peut s’estomper sous l’eau et leur emploi mérite un avis médical ou pharmaceutique.

Pourquoi la remontée peut-elle provoquer des lésions pulmonaires ?

À la remontée, l’air dans les poumons se dilate. Si le plongeur bloque sa respiration, une surpression pulmonaire peut provoquer une lésion grave, parfois dès une faible profondeur. Il faut respirer continuellement et ne jamais retenir son souffle en remontant, même après une plongée peu profonde.

Des douleurs aux sinus ou aux dents peuvent aussi apparaître à la remontée si une cavité s’est mal équilibrée à la descente. Ne forcez pas et n’accélérez pas pour sortir de l’eau : signalez la gêne, arrêtez la progression et suivez les consignes de votre encadrant. Un masque trop serré peut enfin créer un effet de ventouse ; expirez doucement par le nez dans le masque pendant la descente pour y faire entrer un peu d’air.

Comment prévenir un accident de décompression ?

L’accident de décompression est lié à la formation de bulles de gaz dans l’organisme lors d’une remontée ou après la plongée. Le risque dépend notamment du profil de plongée, de la profondeur, de la durée, des plongées répétées et de facteurs individuels ; aucun ordinateur ne peut garantir un risque nul.

Quels symptômes doivent alerter après une plongée ?

Les signes peuvent survenir dans les minutes ou les heures qui suivent la sortie de l’eau, parfois plus tard. Ils comprennent notamment une douleur articulaire inhabituelle, des fourmillements, une faiblesse, des troubles de l’équilibre ou de la vision, une confusion, une grande fatigue, une gêne respiratoire ou une éruption cutanée. Une perte de connaissance ou une difficulté à respirer constitue une urgence immédiate.

Ne cherchez pas à établir vous-même le diagnostic. Un symptôme inhabituel après une plongée justifie un avis médical urgent, même s’il s’atténue. Mentionnez la plongée, son horaire, sa profondeur et les éventuels paliers ; conservez l’ordinateur de plongée et le profil si possible.

Quelles habitudes réduisent le risque de décompression ?

Respectez le plan de plongée, les limites de votre formation et les indications de votre ordinateur ; ne prolongez pas une immersion pour « finir la bouteille ». Remontez à la vitesse prescrite par l’ordinateur ou l’encadrement et effectuez les paliers obligatoires. Un arrêt de sécurité est souvent recommandé, par exemple quelques minutes vers 3 à 5 mètres si les conditions le permettent, mais il ne remplace jamais un palier de décompression.

Évitez les profils à risque, les remontées rapides et les changements de plan improvisés. Laissez un intervalle de surface suffisant entre deux plongées et ne prenez pas l’avion juste après une immersion : les recommandations courantes prévoient au minimum 12 heures après une plongée sans décompression et 18 heures après plusieurs plongées ou plusieurs jours de plongée. Un délai de 24 heures est une précaution souvent retenue, notamment après un profil avec décompression ; suivez les consignes de votre organisme, de votre ordinateur et de l’équipe de plongée. Ces délais ne garantissent pas l’absence d’accident.

Comment le froid et l’effort augmentent-ils les risques ?

Le froid fatigue, réduit la dextérité et peut rendre plus difficile la manipulation du matériel. L’effort intense accroît la consommation d’air et la production de dioxyde de carbone ; il peut entraîner un essoufflement, de l’anxiété ou une perte de contrôle de la situation.

Comment limiter le refroidissement sous l’eau ?

Choisissez une protection thermique adaptée à la température, à la durée prévue et à votre sensibilité au froid. Une combinaison trop grande laisse circuler l’eau et isole mal ; une combinaison trop serrée gêne les mouvements et la respiration. Vérifiez aussi que cagoule, gants et bottillons ne limitent pas excessivement votre aisance ni l’accès aux commandes.

Raccourcissez la plongée si vous avez froid et signalez-le avant que les tremblements deviennent importants. Des frissons incontrôlables, une maladresse marquée, une confusion ou une somnolence imposent de mettre fin à l’immersion avec l’aide de votre binôme. Une fois sorti, mettez-vous au sec, protégez-vous du vent et réchauffez-vous progressivement. En cas de malaise ou de symptômes persistants, demandez une évaluation médicale.

Quel effort faut-il éviter pendant une immersion ?

Nagez à une allure qui permet de respirer sans lutter et évitez de palmer fortement contre un courant. Un courant imprévu, une mauvaise flottabilité ou une charge excessive peuvent transformer un déplacement banal en effort intense. Si vous vous essoufflez, arrêtez de palmer, stabilisez-vous sans vous accrocher au vivant, faites signe à votre binôme et reprenez votre souffle. Ne faites pas d’apnée pour économiser l’air et ne respirez pas par cycles volontairement trop courts.

Situation Prévention utile Réaction immédiate
Douleur d’oreille à la descente Équilibrer tôt, descendre doucement Stopper, remonter légèrement ; abandonner si la gêne persiste
Essoufflement ou courant Adapter l’itinéraire et l’allure Cesser l’effort, signaler, se regrouper et suivre le plan de sortie
Froid marqué Protection adaptée et durée raisonnable Mettre fin à la plongée, se sécher et se réchauffer progressivement
Manque d’air ou panne Contrôle du matériel et vérification entre binômes Alerter le binôme et appliquer la procédure apprise en formation
Symptôme après la plongée Respect du profil et des intervalles Appeler les secours ; oxygène si disponible et administré par une personne formée

Que faire en cas d’incident de matériel sous l’eau ?

Une panne peut concerner le détendeur, l’alimentation en gaz, le gilet stabilisateur, le masque ou les palmes. La prévention commence avant l’immersion : matériel entretenu, robinetterie ouverte selon la procédure du centre, pression vérifiée et contrôle croisé avec le binôme.

Comment réagir à un manque d’air ou à un détendeur défaillant ?

La conduite précise dépend du matériel et de la formation reçue. Le repère commun est de signaler immédiatement le problème au binôme, de garder le contact et d’utiliser la source d’air de secours selon la procédure apprise, puis de mettre fin à la plongée avec une remontée contrôlée. Ne vous éloignez pas pour chercher une solution seul et ne tentez pas de réparer un équipement sous l’eau.

Un détendeur qui laisse échapper de l’air ou un manomètre qui indique une réserve faible ne doivent pas être ignorés. La réaction varie selon le type de panne, la profondeur et la configuration ; elle doit donc être répétée en formation, avec un encadrant, plutôt qu’improvisée à partir d’une consigne générale.

Quels exercices répéter avant d’en avoir besoin ?

En milieu protégé et sous la surveillance d’un professionnel, entraînez-vous aux gestes correspondant à votre niveau : retrouver et utiliser la source d’air de secours du binôme, vider un masque partiellement inondé, rétablir une respiration calme et signaler une difficulté. Répétez chaque geste lentement, en restant à faible profondeur et en respectant les consignes de l’encadrant ; une série courte de deux ou trois répétitions maîtrisées vaut mieux qu’un exercice fatigant ou réalisé dans le stress.

Les procédures de remontée, de flottabilité et d’assistance s’apprennent également avec un moniteur. N’essayez pas seul une manœuvre nouvelle, ne coupez pas l’alimentation en gaz pour simuler une panne et ne pratiquez jamais ces exercices en eau libre sans encadrement adapté.

Quand faut-il appeler les secours après une plongée ?

Appelez les secours dès qu’un symptôme neurologique, respiratoire ou général apparaît après la plongée, ou si la personne est inconsciente, confuse, très faible ou en difficulté. En France, composez le 15 ou le 112 ; en mer, alertez le CROSS par VHF sur le canal 16 ou par le moyen d’alerte disponible.

Quels gestes de premiers secours appliquer ?

Une personne formée peut administrer de l’oxygène à forte concentration avec le matériel adapté, sans retarder l’appel aux secours. Gardez la personne au calme et au chaud, surveillez sa respiration et son état de conscience et transmettez aux secours les informations sur la plongée. Si elle est inconsciente mais respire normalement, assurez la liberté des voies aériennes et appliquez les gestes de premiers secours appris. Si elle ne respire pas normalement, commencez la réanimation et utilisez un défibrillateur si disponible, selon votre formation.

Ne faites pas replonger la personne pour « la recomprimer », ne lui faites pas prendre l’avion et ne la laissez pas seule. Ne donnez ni alcool ni médicament de votre propre initiative. Si elle est consciente et peut avaler sans difficulté, les secours pourront vous guider sur l’hydratation ; ne forcez jamais à boire en cas de trouble de conscience ou de nausées importantes.

Qui doit demander un avis médical avant de plonger ?

Un avis médical est particulièrement prudent en cas de maladie chronique, de problème respiratoire ou cardiaque, d’antécédent neurologique, de chirurgie récente, de grossesse, de traitement médicamenteux ou de difficulté récente à équilibrer les oreilles. Une consultation ne remplace pas les règles médicales et administratives applicables à votre club, à votre fédération ou à votre situation.

Une infection ou un symptôme récent impose-t-il de reporter la plongée ?

Oui, une infection ORL, une congestion nasale, une fièvre, une gêne respiratoire ou une fatigue inhabituelle sont des raisons de demander conseil et, souvent, de reporter l’immersion. La plongée sollicite la respiration et la capacité à équilibrer les oreilles ; un état passager peut donc modifier le risque. Après un accident, une douleur persistante ou un incident de matériel sérieux, ne reprenez pas avant d’avoir suivi les consignes médicales et celles de l’encadrement.

Les conseils généraux de cette page ne permettent ni de vérifier l’aptitude d’une personne ni de décider qu’un symptôme est bénin. Les limites réglementaires françaises dépendent des aptitudes reconnues, de l’organisation et des conditions d’encadrement. Le Code du sport prévoit notamment une profondeur maximale de 60 mètres à l’air pour les plongeurs disposant des aptitudes correspondantes ; cette limite réglementaire n’est pas un objectif de pratique ni une recommandation pour débuter. Pour une situation personnelle, demandez l’avis d’un médecin connaissant la plongée et de votre encadrant.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un barotraumatisme de l’oreille après une plongée ?

Une douleur, une sensation d’oreille bouchée, une baisse d’audition ou des vertiges après une immersion peuvent signaler un problème lié à la pression. Ces symptômes ne suffisent pas à établir un diagnostic. Ne replongez pas et ne forcez pas l’équilibrage ; demandez un avis médical, particulièrement si la douleur est importante, si l’audition change ou si des vertiges apparaissent.

Que faire si je suis essoufflé sous l’eau en plongée ?

Arrêtez l’effort, stabilisez-vous sans vous accrocher au vivant et faites signe à votre binôme. Reprenez une respiration calme sans retenir votre souffle, puis suivez le plan de sortie convenu. Si l’essoufflement persiste, si vous manquez d’air ou si un malaise survient, utilisez la procédure apprise en formation et mettez fin à la plongée avec assistance.

Combien de temps attendre avant de prendre l’avion après une plongée ?

Les recommandations courantes indiquent au minimum 12 heures après une plongée sans décompression et 18 heures après plusieurs plongées ou plusieurs jours de plongée. Un délai de 24 heures est une marge de prudence souvent retenue, notamment après une plongée avec décompression. Suivez les consignes de votre organisme et de l’équipe ; aucun délai ne supprime totalement le risque.

Quels symptômes après une plongée nécessitent d’appeler les secours ?

Appelez le 15 ou le 112 pour des troubles neurologiques, une difficulté respiratoire, une confusion, une faiblesse importante, une perte de connaissance ou tout symptôme inquiétant apparu après la plongée. Une douleur inhabituelle ou des fourmillements justifient aussi un avis urgent. Mentionnez la plongée et son profil ; une amélioration spontanée n’exclut pas un accident.

Peut-on plonger avec un rhume ou le nez bouché ?

Il est prudent de reporter la plongée lorsque le nez est bouché, en particulier si les oreilles s’équilibrent mal. La congestion peut empêcher l’air de circuler normalement dans les cavités et provoquer une douleur ou une lésion à la descente ou à la remontée. Ne comptez pas sur un décongestionnant pour rendre la plongée sûre ; demandez un avis médical si les symptômes persistent.

Cette page fait partie de notre dossier complet sur Plongée sous-marine. Informations indicatives : règlements et tarifs évoluent, vérifiez auprès de la fédération ou de votre club. Une erreur ? Signalez-la.